À propos de cet épisode
Dans cet épisode de DOXA ASCEND, nous explorons quatre dimensions essentielles de la vie du croyant dans le Royaume de Dieu : son identité en Christ, sa position spirituelle, les privilèges qu’il a reçus et les responsabilités qui en découlent.À travers les Écritures, nous découvrons que connaître son identité ne suffit pas : il faut également comprendre sa place en Christ et vivre conformément à ce que Dieu attend de nous. Car les privilèges du Royaume ne sont jamais séparés de la responsabilité.Qui suis-je en Christ ? Où suis-je ? Qu'ai-je reçu ? Et comment dois-je vivre ?Une étude biblique pour apprendre à vivre pleinement son identité et à exercer son autorité sous le règne de Jésus-Christ.
Identité, position, privilèges et responsabilité
Deuxième pilier de la domination spirituelle
Actes 19:15
« Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? »
Des hommes ont un jour tenté de chasser un esprit mauvais en invoquant le nom de Jésus. Ils connaissaient ce nom, ils avaient entendu parler de son autorité et ils ont voulu l’utiliser à leur tour. Mais la réponse de l’esprit mauvais fut surprenante : « Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? »
Cet épisode, rapporté dans Actes 19:13-16, soulève une question essentielle : qui es-tu réellement dans le Royaume de Dieu ?
Avant de parler d’autorité spirituelle, il faut comprendre son identité, sa position et les privilèges que l’on possède en Christ, mais aussi les responsabilités qui en découlent.
Car il ne suffit pas de connaître le langage du Royaume. Il faut savoir à quel Royaume on appartient et comprendre ce que cette appartenance implique.
Dans cet enseignement, quatre questions vont guider notre réflexion :
- Qui suis-je ?
- Où suis-je ?
- Qu’ai-je reçu ?
- Qu’est-ce que Dieu attend de moi ?
Ces quatre dimensions — identité, position, privilèges et responsabilité — sont indissociables. Lorsqu’une seule est mal comprise, les trois autres risquent d’être déformées.
Comprendre les quatre dimensions de notre vie dans le Royaume
Il existe une difficulté chez beaucoup de croyants : certains revendiquent les privilèges du Royaume sans vouloir en assumer les responsabilités. D’autres travaillent beaucoup, portent des responsabilités et s’investissent dans le service de Dieu, sans réellement comprendre ce qu’ils ont reçu en Christ. D’autres encore connaissent les déclarations bibliques sur leur identité, mais cette connaissance ne transforme pas concrètement leur manière de vivre.
Le problème n’est pas toujours un manque de connaissance biblique. Il peut aussi s’agir d’une compréhension fragmentée de ce que signifie appartenir au Royaume.
Pour avancer, définissons ces quatre notions.
L’identité : ce que Dieu dit que je suis.
Mon identité en Christ ne dépend pas de mon passé, de mes performances, de mes émotions ou du regard des autres. Elle prend sa source dans ce que Dieu déclare à mon sujet.
La position : là où Dieu m’a placé en Christ.
Elle désigne ma position spirituelle en Jésus-Christ. Elle ne repose pas sur ce que je ressens, mais sur l’œuvre accomplie par Christ.
Les privilèges : ce que Dieu m’a donné.
En Christ, nous avons reçu des bénédictions spirituelles, un accès auprès de Dieu et une espérance d’héritage. Ces privilèges ne sont pas le fruit de nos mérites, mais de la grâce de Dieu.
La responsabilité : ce que Dieu attend de moi en réponse à ce que j’ai reçu.
La grâce ne nous appelle pas à l’inactivité. Elle nous conduit à vivre d’une manière qui honore celui qui nous a appelés.
Remarquons l’ordre; Dieu déclare d’abord ce que nous sommes, nous place en Christ, nous accorde ses dons, puis nous appelle à vivre conformément à cette grâce.
Dieu donne avant de demander. La responsabilité du croyant est une réponse à la grâce, et non un moyen de l’acheter.
Qui suis-je ?
Comprendre ma nouvelle identité en Christ

La première question à laquelle tout croyant doit pouvoir répondre est : qui suis-je ?
La Bible ne nous laisse pas construire notre identité selon nos propres critères. Elle nous révèle ce que nous devenons lorsque nous recevons Jésus-Christ.
Jean 1:12 déclare : « Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. »
Notre identité commence donc par notre relation avec Jésus-Christ. Ceux qui le reçoivent et croient en son nom deviennent enfants de Dieu.
Romains 8:15-16 nous apprend que nous avons reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : « Abba ! Père ! » L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Cette identité n’est donc pas une simple affirmation destinée à renforcer notre estime personnelle. Elle repose sur notre adoption en Christ et sur le témoignage du Saint-Esprit.
L’apôtre Pierre va encore plus loin dans 1 Pierre 2:9 : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis […] »
Voilà ce que Dieu déclare à propos de son peuple. Nous ne sommes pas simplement des individus qui fréquentent une assemblée ou participent à des activités religieuses. En Christ, nous appartenons à Dieu et nous avons reçu une identité nouvelle.
2 Corinthiens 5:17 affirme également que si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature : les choses anciennes sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles.
Cela signifie que notre passé ne constitue plus notre identité fondamentale. Notre ancienne vie ne doit plus définir notre manière de penser, de parler et d’agir. Nous sommes appelés à vivre selon la réalité nouvelle que nous avons reçue en Christ.
Je ne suis plus défini par mon ancienne vie : mon identité est désormais enracinée en Jésus-Christ.
Une identité qui porte une mission
Il faut cependant remarquer un détail important dans 1 Pierre 2:9.
Après avoir déclaré que nous sommes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte et un peuple acquis, Pierre ajoute que nous avons été appelés « afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ».
L’identité et la mission sont donc liées dans ce passage.
Dieu ne nous donne pas une identité nouvelle pour que nous nous contentions de la revendiquer. Il nous appelle à manifester, par notre vie et notre témoignage, les réalités de celui auquel nous appartenons.
Notre identité est un privilège, mais elle porte aussi une responsabilité.
Où suis-je ?
Comprendre ma position en Christ

La deuxième question concerne notre position : où sommes-nous désormais ?
Colossiens 1:13 nous enseigne que Dieu nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume de son Fils bien-aimé.
Il y a donc eu un changement de royaume. Celui qui appartient à Christ n’est plus sous la domination des ténèbres. Il appartient désormais au Royaume du Fils de Dieu.
Éphésiens 2:6 ajoute que Dieu nous a ressuscités ensemble et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ
Il est important de remarquer que Paul emploie ici des expressions qui présentent cette réalité comme une œuvre déjà accomplie. Notre position en Christ ne dépend donc pas de nos sensations du moment.
Tu peux traverser une période difficile, connaître des combats ou ressentir de la faiblesse. Cela ne signifie pas que ta position en Christ a disparu.
Philippiens 3:20 rappelle également que notre citoyenneté est dans les cieux.
Nous sommes donc appelés à vivre sur la terre avec la conscience de notre appartenance au Royaume de Dieu.
Cela change notre manière de voir les choses. Nous ne pouvons pas continuer à penser, à choisir et à agir comme si nous appartenions encore au système dont Christ nous a délivrés.
J’ai changé de royaume. Ma position est en Christ et ma manière de vivre doit refléter cette nouvelle appartenance.
Il faut toutefois éviter une confusion : être assis avec Christ dans les lieux célestes ne signifie pas que tout combat spirituel a disparu. Éphésiens 6 nous rappelle que le croyant demeure engagé dans un combat spirituel. Notre position en Christ est réelle, mais elle ne nous dispense pas de la vigilance, de la foi et de la dépendance envers Dieu.
Qu’est-ce qui m’appartient ?
Découvrir mes privilèges en Christ

La troisième dimension concerne les privilèges que Dieu nous a accordés en Jésus-Christ.
Lorsque nous recevons Christ, nous ne recevons pas simplement un nouveau nom ou une nouvelle appartenance. Nous entrons dans une relation avec Dieu et nous bénéficions de réalités spirituelles qui découlent de notre nouvelle identité.
Romains 8:16-17 nous enseigne que l’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Et si nous sommes enfants, nous sommes également héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ.
Cela signifie que notre appartenance à la famille de Dieu nous donne accès à des privilèges extraordinaires.
Parce que je suis fils, j’ai reçu quatre privilèges fondamentaux : un accès, une autorité, une liberté et un héritage.
1. J’ai un accès auprès du Père
Hébreux 4:16
« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. »
L’un des grands privilèges que nous avons en Christ est la possibilité de nous approcher de Dieu avec assurance.
Autrefois, le péché séparait l’homme de Dieu. Mais par l’œuvre de Jésus-Christ, nous avons désormais accès auprès du Père.
Nous ne sommes pas obligés de rester à distance, comme des étrangers qui n’auraient aucun droit de s’approcher. En Christ, nous pouvons venir devant Dieu, lui parler, lui présenter nos besoins et rechercher son secours.
Remarquons que l’auteur de l’épître nous invite à nous approcher avec assurance du trône de la grâce. Il ne s’agit pas d’une assurance fondée sur nos mérites, mais sur l’œuvre accomplie par Jésus-Christ.
Parce que je suis enfant de Dieu en Christ, je peux m’approcher du Père avec assurance.
Cet accès doit transformer notre vie de prière. Nous ne prions pas simplement parce que nous avons des problèmes à résoudre. Nous prions parce que nous avons reçu le privilège d’entretenir une relation avec notre Père.
2. J’ai reçu une autorité en Christ
Luc 10:19
Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. »
Le deuxième privilège est celui de l’autorité.
Dans ce passage, Jésus parle à ses disciples et leur rappelle l’autorité qu’il leur a donnée face à la puissance de l’ennemi.
Il est important de comprendre que cette autorité ne vient pas de nous. Elle ne repose ni sur notre personnalité, ni sur notre force humaine, ni sur une capacité spirituelle indépendante. Elle est reçue de Jésus-Christ.
Le croyant n’est donc pas appelé à vivre dans la peur de l’ennemi, comme si celui-ci détenait une autorité supérieure à celle de son Seigneur.
Cependant, nous devons garder une vérité fondamentale : l’autorité que nous exerçons demeure une autorité déléguée, soumise à Jésus-Christ.
Nous ne sommes pas souverains. Christ est le Seigneur. C’est sous son autorité et dans les limites de ce qu’il nous confie que nous sommes appelés à exercer cette autorité.
Ce privilège nous rappelle que nous ne sommes pas sans ressources face aux réalités spirituelles. Nous sommes appelés à résister au diable, à demeurer fermes dans la foi et à marcher dans l’autorité de Christ.
Parce que je suis en Christ, je peux exercer l’autorité qu’il m’a confiée, sans jamais me placer au-dessus de lui.
3. J’ai reçu une liberté en Christ
Jean 8:36
« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »
Le troisième privilège est celui de la liberté.
Dans le contexte de Jean 8, Jésus enseigne sur l’esclavage du péché et sur la liberté que seul le Fils peut véritablement donner.
L’homme peut être libre extérieurement tout en demeurant prisonnier intérieurement. Il peut prendre ses propres décisions tout en étant dominé par le péché.
Mais celui que le Fils affranchit reçoit une liberté réelle.
En Christ, nous ne sommes plus appelés à vivre sous la domination de notre ancienne manière de vivre. Le péché ne doit plus régner sur nous. Nous sommes appelés à marcher dans une vie nouvelle.
Cela ne signifie pas que le croyant ne connaîtra plus de tentations ou de combats. Cela signifie que le péché n’a plus à être son maître et que, par la grâce de Dieu, il peut apprendre à lui résister.
Parce que le Fils m’a affranchi, je ne suis plus appelé à vivre sous la domination de mon ancienne vie.
La liberté en Christ n’est donc pas une permission de vivre sans limites. C’est la possibilité nouvelle de vivre pour Dieu, libéré de l’esclavage du péché.
4. J’ai reçu un héritage en Christ
Romains 8:16-17
« Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ. »
Dans une famille, l’enfant n’est pas simplement quelqu’un qui porte le nom de son père. Il appartient à cette famille et bénéficie d’une relation particulière avec lui.
De la même manière, notre adoption en Christ nous donne une espérance extraordinaire : nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ.
Cet héritage ne doit pas être réduit aux biens matériels, à la réussite financière ou au confort terrestre. Il concerne les réalités que Dieu réserve à ses enfants et trouve son accomplissement dans le salut et la gloire à venir.
Paul précise d’ailleurs dans Romains 8:17 que nous sommes cohéritiers de Christ, « si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui ».
L’héritage chrétien est donc inséparable de notre union avec Christ, y compris dans notre participation à ses souffrances et dans l’espérance de sa gloire.
Parce que je suis enfant de Dieu, je suis héritier de Dieu et cohéritier avec Christ.
Des privilèges qui appellent une responsabilité
Ces quatre privilèges sont extraordinaires :
- Un accès : je peux m’approcher du Père avec assurance.
- Une autorité : je peux exercer l’autorité que Christ m’a confiée.
- Une liberté : je ne suis plus appelé à vivre sous la domination du péché.
- Un héritage : je suis héritier de Dieu et cohéritier avec Christ.
Mais il faut retenir une chose : recevoir ces privilèges ne signifie pas que nous pouvons vivre indépendamment de Dieu.
Au contraire, chaque privilège doit produire une réponse dans notre manière de vivre.
Mon accès auprès du Père doit nourrir ma vie de prière. L’autorité reçue doit être exercée sous la seigneurie de Christ. La liberté reçue doit se manifester par une vie qui ne se soumet plus volontairement à la domination du péché. Et la conscience de mon héritage doit nourrir ma fidélité et mon espérance.
Mon identité en Christ me donne accès à Dieu, une autorité reçue de Christ, une liberté dans le Royaume et une espérance d’héritage.
Je ne suis pas un esclave dans le Royaume : je suis enfant de Dieu, héritier de ses promesses et appelé à vivre sous l’autorité de mon Seigneur.
Cependant, ces privilèges ne suppriment pas ma responsabilité. Ils m’appellent à vivre d’une manière digne de celui auquel j’appartiens.
Comment dois-je vivre ?
Comprendre ma responsabilité

Voici maintenant une dimension que certains préfèrent parfois éviter : la responsabilité.
Nous aimons entendre parler de notre identité, de notre position et de nos privilèges. Nous aimons savoir que nous sommes enfants de Dieu, héritiers et bénéficiaires de ses promesses.
Mais qu’en est-il de ce que Dieu attend de nous ?
Luc 12:48 nous enseigne que celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé.
Cette parole établit un principe important : plus nous recevons, plus nous avons une responsabilité devant Dieu.
Dans Matthieu 25, Jésus raconte la parabole des talents. Un maître confie des biens à ses serviteurs avant de partir en voyage. À son retour, il leur demande des comptes.
Deux serviteurs ont fait fructifier ce qui leur avait été confié. Mais le troisième a enfoui son talent dans la terre et n’a rien produit.
Ce récit nous rappelle que recevoir quelque chose du maître implique une responsabilité. Nous ne sommes pas appelés à enfouir ce que Dieu nous confie.
Notre identité en Christ doit donc produire une manière de vivre cohérente avec cette identité.
1 Pierre 1:15-16 nous appelle à être saints dans toute notre conduite, comme celui qui nous a appelés est saint.
Nous ne sommes pas enfants de Dieu pour vivre n’importe comment. Nous avons été appelés à refléter son caractère.
La grâce ne supprime pas la responsabilité : elle en devient le fondement.
Jésus-Christ : l’identité avant l’exercice du ministère
Pour mieux comprendre cette réalité, observons l’exemple de Jésus.
Lors de son baptême, en Matthieu 3:17, une voix venant des cieux déclare :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. »Cette déclaration intervient avant le début de son ministère public, avant ses miracles et avant ses grandes manifestations d’autorité.
Jésus reçoit cette déclaration du Père concernant son identité.
Or, au chapitre suivant, en Matthieu 4:3 et 4:6, le tentateur s’adresse à lui en ces termes : « Si tu es Fils de Dieu… »
Il est intéressant de remarquer que la tentation commence en mettant en question ce qui vient d’être déclaré au sujet de Jésus.
On peut y voir une leçon importante : l’identité reçue de Dieu ne doit pas être déterminée par les circonstances, les épreuves ou les provocations de l’adversaire.
Le Père a déclaré qui est Jésus. Le tentateur cherche à introduire le doute autour de cette identité.
Cette observation nous rappelle que notre autorité ne doit pas être construite sur nos émotions ou sur notre propre perception de nous-mêmes. Elle doit être enracinée dans ce que Dieu a déclaré et dans notre relation avec Jésus-Christ.
Nous ne devons pas chercher à prouver notre identité par nos performances. Nous sommes appelés à vivre et à agir à partir de ce que Dieu a établi en Christ.
« Mais vous, qui êtes-vous ? »
La leçon des fils de Scéva
Revenons maintenant au passage qui introduit cet enseignement.
Actes 19:13-16 rapporte l’histoire de certains exorcistes juifs itinérants, parmi lesquels les sept fils de Scéva. Ils tentèrent d’invoquer le nom du Seigneur Jésus sur des personnes tourmentées par des esprits mauvais.
Ils déclarèrent : « Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! »
Mais l’esprit mauvais leur répondit :
« Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? »
Puis l’homme possédé se jeta sur eux et les maîtrisa.
Pourquoi leur tentative a-t-elle échoué ?
Le texte ne donne pas une explication doctrinale détaillée de cet échec. Cependant, le contexte nous permet de retenir un enseignement essentiel : le nom de Jésus n’est pas une formule magique que l’on peut utiliser à volonté pour produire un résultat spirituel.
Ces hommes avaient entendu parler de Jésus et de l’autorité manifestée à travers le ministère de Paul. Ils ont voulu utiliser ce nom comme une formule, sans que le récit présente leur démarche comme l’exercice d’une autorité fondée sur une véritable appartenance au Christ.
Le nom de Jésus ne doit jamais être traité comme un instrument que l’on manipule.
Il faut comprendre que l’autorité spirituelle ne repose pas sur la simple répétition de paroles, sur une formule particulière ou sur l’imitation d’un autre serviteur de Dieu. Elle s’exerce sous l’autorité de Jésus-Christ.
Cette histoire nous oblige donc à examiner notre propre vie.
Connaissons-nous réellement celui dont nous invoquons le nom ? Lui appartenons-nous ? Vivons-nous sous son autorité ?
La question « qui êtes-vous ? » doit nous conduire à examiner notre identité et notre relation avec le Roi.
Trois erreurs à éviter concernant notre identité et notre position
Une mauvaise compréhension de notre identité, de notre position et de nos privilèges peut produire de graves déséquilibres dans la vie chrétienne.
Voici trois erreurs à éviter.
Erreur 1 : inventer sa propre identité
Notre identité biblique ne se construit pas à partir de déclarations personnelles que nous décidons de croire simplement parce qu’elles nous font du bien.
Elle nous est révélée par Dieu.
Certains passages, comme Psaume 82:6 et Jean 10:34, sont parfois utilisés pour affirmer que les croyants seraient de petits dieux. Pourtant, ces textes ne permettent pas d’établir une telle doctrine.
La Bible nous présente comme enfants de Dieu, adoptés en Christ et appelés à participer à sa sainteté. Elle ne nous enseigne pas que nous devenons des êtres divins indépendants.
Nous devons donc laisser la Parole définir notre identité, plutôt que de lui faire dire ce que nous aimerions être.
Erreur 2 : réclamer les privilèges sans assumer les responsabilités
Il est possible de vouloir l’accès au trône de la grâce sans vouloir se soumettre à celui qui y règne.
On veut les bénédictions, mais pas l’obéissance. On veut les promesses, mais pas la transformation. On veut exercer l’autorité, mais on refuse de vivre sous l’autorité de Christ.
Hébreux 4:16 nous donne l’assurance de nous approcher de Dieu. Mais cette assurance ne doit jamais devenir un prétexte pour vivre dans l’indépendance ou la désobéissance.
Les privilèges reçus en Christ doivent produire une vie de communion, de fidélité et de soumission à Dieu.
Erreur 3 : chercher à mériter son identité par ses œuvres
À l’inverse, certains croyants vivent comme s’ils devaient constamment travailler pour mériter le droit d’être enfants de Dieu.
Ils servent pour être acceptés, se dépensent pour obtenir une identité et cherchent à gagner par leurs efforts ce que Dieu accorde par grâce.
Mais Romains 8:1 affirme qu’il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.
Nous ne servons pas Dieu pour devenir ses enfants. Nous le servons parce que nous sommes devenus ses enfants en Christ.
La responsabilité chrétienne est une réponse à la grâce, pas un moyen d’acheter la grâce.
Comment vivre concrètement cette vérité ?
Comprendre ces quatre dimensions doit produire des changements concrets dans notre quotidien.
Voici quatre orientations pratiques.
Enracine ton identité dans la Parole de Dieu.
Ne laisse pas tes émotions, ton passé ou les paroles des autres définir qui tu es. Appuie-toi sur les vérités bibliques : Jean 1:12, Romains 8:15-16 et 1 Pierre 2:9.
Réponds aux accusations par ce que Dieu a déclaré.
Lorsque le doute, la culpabilité ou les accusations viennent te troubler, reviens aux vérités de la Parole. Romains 8:1 rappelle qu’il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.
Cela ne signifie pas que nous devons ignorer le péché ou refuser la correction. Cela signifie que nous ne devons pas laisser l’accusation nous faire oublier la réalité de notre position en Christ.
Associe chaque privilège à une responsabilité.
Tu as accès au trône de la grâce : développe une véritable vie de prière.
Tu as reçu la Parole de Dieu : mets-la en pratique par l’obéissance.
Tu as reçu le Saint-Esprit : marche selon l’Esprit et manifeste son fruit.
Tu as reçu des dons et des capacités : mets-les au service de l’édification des autres.
Une bénédiction qui ne conduit jamais à la fidélité risque de devenir simplement un objet de consommation spirituelle.
Identifie une responsabilité que tu négliges.
Prends un moment pour examiner ta vie. Y a-t-il une responsabilité que Dieu t’a confiée et que tu repousses depuis longtemps ?
Cette semaine, identifie une chose précise que tu dois reprendre en main et engage-toi à y répondre avec fidélité.
La maturité chrétienne ne se mesure pas seulement à ce que nous savons, mais aussi à la manière dont nous vivons ce que nous avons reçu.
Savoir qui nous sommes pour vivre comme ceux qui appartiennent au Royaume
Alors, qui sommes-nous dans le Royaume ?
Nous sommes des enfants de Dieu, adoptés en Jésus-Christ. Nous avons été délivrés de la puissance des ténèbres et transférés dans le Royaume du Fils de Dieu. Nous sommes bénis en Christ, nous avons accès au trône de la grâce et nous sommes héritiers de Dieu.
Mais nous avons également une responsabilité : vivre d’une manière digne de notre appel, marcher dans la sainteté et être fidèles à ce que Dieu nous a confié.
L’identité sans responsabilité devient un privilège mal compris. La responsabilité sans compréhension de la grâce devient une recherche épuisante de mérite. Et les privilèges sans soumission au Roi deviennent une déformation de la vie du Royaume.
Ces quatre dimensions doivent donc rester unies.
Cependant, une autre question se pose : peut-on connaître son identité en Christ, comprendre sa position et revendiquer ses privilèges tout en tolérant volontairement le péché dans sa vie ?
C’est précisément ce que nous aborderons dans le prochain épisode.
Dieu vous bénisse !
